La mobilisation en faveur des prisonniers d’opinion égyptiens continue 

Pour protester contre la visite officielle du président égyptien El-Sissi reçu en grande pompe par le président français Macron, un grand rassemblement a été organisé le 7 novembre devant l’Assemblée nationale comme nous l’avons signalé le 8 novembre.

 

Ont participé à ce rassemblement des représentants des organisations de défense des droits humains, notamment Amnesty internationale, HRW, FIDH et ACAT, des députés français et européens, ceints de leur écharpe, notamment Eric Coquerel (FI) Elsa Faucillon (PC), Bastien Lachaud (FI), Danièle Obono (FI), Mounir Satouri (EELV), dont certains ont pris la parole pour dénoncer le commerce des armes avec l’Egypte, le silence de la France devant les violations des droits humains, pour exprimer leur solidarité avec les victimes de la répression en Egypte et réclamer la liberté des prisonniers politiques.

 

Des militant-e-s brandissaient des banderoles dénonçant les crimes de Sissi ainsi que de grandes photos des prisonniers d’opinion incarcérés ou disparus, femmes et hommes.

 

Céline Lebrun, épouse de Ramy Shaath, militant des droits humains et de BDS, exposée à la double peine d’être expulsée d’Egypte et par conséquent privée de tout contact avec son mari. A savoir, selon le bon vouloir des autorités, d’une visite de vingt minutes à intervalle irrégulier sous prétexte de covid-19 si elle avait pu se trouver en Egypte. Elle a pris la parole pour réclamer la libération de Ramy Shaath et de ses codétenus, contre lesquels n’est retenue aucune charge.

 

Le rassemblement a eu une large couverture médiatique en dépit de l’effort des autorités françaises de « cacher » aux media les fastes de la visite du président El-Sissi. Ceux-ci ont été révélés au grand jour par les media égyptiens et du coup ont provoqué un tollé dans les media français. La question des droits humains et des prisonniers d’opinion a dominé cette couverture dans la presse, la radio, la télévision et les media en ligne en France, en Europe et dans le monde arabe.

 

La Mairie de Paris a indiqué sur son site que lors de l’accueil protocolaire du président égyptien, la Maire de Paris lui a remis un courrier demandant la libération des prisonniers politiques  et la protection des défenseurs des droits humains, dont celle des personnes LGBTQI+, ainsi que le respect de la liberté de la presse. 


La Maire de Paris proposera également au prochain Conseil de Paris un vœu afin d'offrir la protection de la Ville de Paris, via la remise de la citoyenneté d'honneur, aux militants Patrick George Zaki, étudiant travaillant sur les questions de genre, Alaa Abdel Fattah, blogueur et figure emblématique de la révolution de 2011, Esraa Abdel Fattah, symbole de la résistance des femmes, et Solafa Magdy, journaliste indépendante et défenseure des droits humains.

La mobilisation continue

En effet, le 16 décembre, une proposition de résolution commune a été déposée par les députés au parlement européen au nom des groupes Verts/ALE, Renew et S&D sur la détérioration de la situation des droits de l’homme en Égypte, en particulier le cas des militants de l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR).


 

Le Parlement européen « déplore, une fois encore, et condamne le plus fermement possible la poursuite et l’intensification de la répression menée par les autorités nationales et les forces de sécurité en Égypte. »

 

Le Parlement européen déplore que la décision de mise en liberté des trois membres de l’EIPR n’ait pas été étendue à Patrick George Zaki, chercheur de l’EIPR spécialiste des questions de genre et des droits connexes et étudiant en post-doctorat à l’université de Bologne en Italie, « qui a été arbitrairement arrêté à l’aéroport international du Caire le 7 février 2020 et dont le placement en rétention a été prorogé de 45 jours supplémentaires le 6 décembre 2020. »

 

Le Parlement européen  « déplore la tentative des autorités égyptiennes d’induire en erreur et d’entraver les progrès dans les enquêtes sur l’enlèvement, la torture et le meurtre du chercheur italien Giulio Regeni, commis en 2016 ; exprime son regret devant le refus persistant des autorités égyptiennes de fournir aux autorités italiennes l’ensemble des documents et informations nécessaires pour permettre une enquête rapide, transparente et impartiale. »

 

La résolution invite les Etats membres à « utiliser tous les outils à leur disposition pour obtenir des progrès concrets concernant la situation des droits de l’homme dans le pays; presse, en particulier, l’Union et ses États membres de prendre l’initiative lors de la prochaine session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies afin de mettre en place un mécanisme de suivi et de rapport attendu depuis longtemps sur les graves violations des droits de l’homme en Égypte. »

 

La résolution « se félicite de l’adoption par le Conseil d’un régime mondial de sanctions en matière de droits de l’homme, aussi appelé «loi Magnitsky de l’Union européenne», et demande l’application de « mesures restrictives ciblées à l’encontre des hauts fonctionnaires égyptiens responsables des violations les plus graves dans le pays. »

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